Chronique Sociétale N° 2 – 2019

I - L’actualité

L’actualité, ce trimestre, ce sont évidemment les leçons du « grand débat » et la fin des « gilets jaunes », ainsi que les élections européennes et la vague écologiste. Mais c’est aussi la persistance de la crise politique en Algérie, que nous ne pouvons ignorer, pas plus que les événements du golfe Persique.

Pour contrat social, c’est aussi la première « chronique » sans les extraits de Pierre Cabon. Mais la vie continue, et nous avons finalement pas mal de matériel !

A ) Le grand débat

Le peu d’intérêt des membres de Contrat Social pour le « grand débat » (et les « gilets jaunes » ) se confirme. Il s’agit visiblement d’une « péripétie » qui ne suscitera que quelques réformes de façade un peu démagogiques.

Il n’en demeure pas moins que cette affaire révèle une véritable « fracture sociale » et une fêlure du Contrat Social que nous en pouvons ignorer, même si nous ne les comprenons pas pour le moment.

B ) Les élections européennes et la percée des écologistes

Incontestablement, personne ne s’attendait à ce résultat. Il est difficile à interpréter. Sans doute, beaucoup de gens voulaient-ils voter contre la république en marche, mais pas pour l’ex-Front National, ni même pour une droite traditionnelle démonétisée. Il restait les écologistes... Cela dit, l’idéologie écologique reste puissante dans toutes les sociétés européennes, où elle prend en grande partie le rôle que jouait autrefois le parti communiste. On verra plus bas quelques contributions à ce sujet.
On se bornera ici à une remarque (humoristique) de Jean-Claude Angoulvant : le fonds de commerce « écolo » est assez largement une structure de recyclage des « pastèques » : vert au dehors, rouge en dedans, et toujours en deuil du dogme marxiste comme outils de prise de pouvoir.

C ) La révolution en Algérie

Curieusement, les Algériens semblent continuer les « gilets jaunes ». Un vieux Français n’est nullement dépaysé par cette révolution où il retrouve une culture populaire assez familière.
Il n’en demeure pas moins que, comme le remarque Jean-Claude Angoulvant, ces Algériens qui, à travers une effrayante violence d’État, se sont fait voler leur pays par une mafia militaire depuis 50 ans, donnent aux petits Français une incroyable leçon de manifestation digne, sans violence ni déprédation. En cela, ils se rapprochent du peuple de Hong Kong, tout le contraire des « foules » de « gilets jaunes ».

Cela dit, le pays est tout de même assez mal parti, avec une démographie galopante, et des dirigeants peu crédibles. Et ce n’est pas seulement les Français qui portent ce jugement.

Une anecdote à ce propos : Il y a trois ans, l’auteur de ces lignes fut invité à faire un exposé sur le développement agricole au salon de l’agriculture de Meknès, au Maroc. À sa stupéfaction, il se trouva devant un auditoire de 5 ou 6 cents personnes en chaussures noires et costumes cravate. Et l’attente était d’avoir des recettes pour développer non pas le Maroc ( ce n’était pas l’affaire d’un Français !) mais l’Afrique noire, où les Français se trouveraient bientôt obligés de quitter une place qui était donc bonne à prendre pour les Marocains. Sans doute, les Marocains pourraient y être concurrencés par les Algériens, mais ceux-ci étaient bien trop bêtes pour tenter quelque chose dans ce sens ...

Aussi bien, ne devrions-nous pas accompagner le Maroc dans cette complémentarité ? L’affaire est assez compliquée pour que l’idée de « prendre la place » soit inutilement simpliste !

II - Les échanges au sein de Contrat Social au cours du trimestre

Ils concernent aujourd’hui seulement quatre grandes rubriques :

La montée de l’écologisme dans la droite ligne des réflexions précédentes

L’économie, et notamment, la signification et les dangers des taux d’intérêt trop bas : évidemment, un sujet un peu technique, mais important tout de même...

La question des inégalités en rapport avec les « gilets jaunes », et les projets de suppression de l’ENA : la question n’est certes pas nouvelle, mais les remèdes proposés méritent réflexion.

Le syndrome du poisson rouge , ou du bon usage des écrans, un savoureux verbatim de François Cornevin

Un regard sur le programme du « club des vigilants » où se pose des questions que Contrat Social devrait peut être examiné aussi.

1/ La montée de l’écologisme

Indépendamment des succès électoraux des partis écologistes, il ne fait pas doute que notre époque est fondamentalement malthusienne, le public étant dans son ensemble persuadé que les ressources naturelles vont manquer, que l’Homme détruit la planète, et que « le monde ne peut pas continuer comme cela ». Mais la question qui se pose alors est de savoir si cela est vrai, ou s’il s’agit de craintes non fondées.

Sur ce sujet, nous avons eu à Contrat Social :

a) un déjeuner avec Christian Gérondeau (ancien directeur de la sécurité routière) , déjeuner précédé d’un article publié par l’association des climato-réalistes et recopié dans les « libres opinions » de notre site . Cet auteur critique l’idée selon laquelle la pollution de notre environnement par les « particules fines » conduirait à plusieurs dizaines de milliers de décès prématurés dans notre pays chaque année.

b) Un article du même, qui conteste cette fois la réalité de la théorie selon laquelle les émissions anthropiques de gaz à effet de serre seraient susceptibles d’augmenter les températures moyennes à la surface de la Terre.

c) une correspondance entre Jean-Claude Angoulvant et divers interlocuteurs, citant en particulier un long article très documenté de Maurice Hadrien mettant en cause les mécanismes thermodynamiques en jeu dans cette affaire. Accessoirement, un certain Usbeck explique aux ignorants que la température du nord de la Russie a pu monter à 30° pendant quelques jours en mars dernier sans que cela soit la preuve de la réalité de l’effet de serre...

d) Enfin, une référence apportée par Ludovic Penin à Jean-Claude Angoulvant sur une association relativement récente , les climato-realistes. Cette association publie une revue, organise des colloques, et entretient un site Internet sur lequel on peut voir la retransmission de certaines interventions de ses invités. De ce point de vue on pourra consulter deux conférences de premier ordre : Celle de John Christy, (https://www.youtube.com/watch?v=neIvOvNRgKE&feature=youtu.be ) professeur de climatologie à Huntsville (Alabama), qui compare systématiquement les prévisions et la réalité des modèles utilisés par le GIEC, ainsi que celle de Laurent Alexandre ( https://www.youtube.com/watch?v=jD76N1gozHA&feature=youtu.be) qui élargit encore le sujet, et appel à dissiper les terreurs organisées par des marchands de peur.

Il faut bien dire que le sujet, si passionnant qu’il soit, est technique. Il n’en reste pas moins que les contributions ainsi apportées au débat semblent assez sérieuses pour jeter le doute. Aussi bien, ce ne serait pas la première fois que des scientifiques respectés tiennent pour vraies des propositions qui nous paraissent maintenant ahurissantes . Ainsi, au 17ème siècle, lorsque l’anglais William Harvey élabora sa théorie de la circulation du sang engendrée par le coeur qui joue le rôle de pompe, un célèbre médecin français, Guy Patin, expliqua que c’était sûrement faux, car, dit-il, « Si le sang circulait, la saignée serait mauvaise: or la saignée est le meilleur remède qui soit »...
Et c’est pourquoi un article de G. Partridge (toujours extrait du site des climato-réalistes par Ludovic Penin et Jean-Claude Angoulvant ) explique que les résultats des modèles climatiques et plus encore ceux des modèles économiques sont bien trop incertains pour que cela vaille la peine d’en tirer des conclusions opérationnelles. Voir :
https://www.climato-realistes.fr/climat-et-principe-d-incertitude/.

Tout ceci pourrait être expliqué par un Verbatim de François Cornevin : La description des impacts du striatum de chaque être humain sur ses comportements clés, un livre de Sébastien Bohler aux éditions Robert Laffont. Il explique que, à la suite de l’activité de notre striatum (une région du cerveau), « nous sommes emportés dans une fuite en avant de surconsommation, de surproduction, de surexploitation, de suralimentation, de surendettement et de surchauffe, parce qu’une partie de notre cerveau nous y pousse de manière automatique, sans que nous ayons actuellement les moyens de le freiner » Il faudrait donc rééduquer notre cerveau pour apprendre la modération, et redonner la main au cortex frontal, siège de la volonté et de la planification...

Nous laisserons à Sébastien Bohler la responsabilité de ces affirmations, furieusement contestées (et à juste titre) par certains des membres de Contrat Social. Il reste qu’il est vrai de dire que le cerveau humain garde des traits de ses origines ancestrales, et de l’époque où « trop manger » quand l’occasion s’en présentait permettait de survivre à la période de famine qui suivait inévitablement. Maîtriser ces traces de l’animalité qui est en nous reste un sujet d’actualité.

2/ L’économie, et les dangers des taux d’intérêt trop bas

Ici, nous passons à un registre plus familier, avec une contribution de J.J. Perquel proposée par Jacques Blanchard. Elle concerne une anomalie de nos systèmes économiques, celle constituée par les taux d’intérêt très bas (voisins de zéro, et même quelques fois négatifs, puisque des banques arrivent à faire payer des commissions pour autoriser que l’on dépose de l’argent dans leurs livres...) que l’on observe dans le monde entier depuis quelques années. De fait, beaucoup de particuliers peuvent emprunter à 2 ou 3 % , alors que les taux, autrefois, descendaient rarement en dessous de 7 ou 8% ...

A priori, et pour un béotien, des taux d’intérêt très bas comme ceux-là, c’est plutôt une chance, et l’occasion d’investir puisque, en empruntant, je n’aurai plus qu’à rembourser le capital presque sans majoration. Mais beaucoup d’économistes voient plus loin, et craignent que cela soit le signal d’une crise prochaine : de fait, dans ces conditions, beaucoup d’emprunteurs vont s’engager dans des affaires trop risquées, conduisant in fine à leur déconfiture, les rendant incapables de rembourser. Cela ne serait pas trop grave s’il s’agissait de cas isolés. Mais si beaucoup de gens se trouvent dans cette situation, les banques ne pourront pas récupérer leur mise en vendant les actifs des débiteurs défaillants, dont les prix vont s’effondrer. Elles-mêmes endettées, elles feront faillite à leur tour, et tout le système économique se trouvera en perdition. C’est très exactement le scénario qui s’est réalisé au cours des différentes « crises » qui ont jalonné les 19e et 20e siècles. Personne ne souhaite le voir se jouer une nouvelle fois. Mais comment l’éviter ?

C’est ici que les économistes ne sont pas tous d’accord : les « classiques » souhaiteraient que les banques centrales diminuent leurs émissions de monnaie, en procédant de façon progressive, pour éviter de déclencher une panique conduisant à l’effondrement général (dont ils ne peuvent exclure l’éventualité). Les « Modernes », de leur côté, affirment qu’il est toujours possible d’augmenter les émissions monétaires des banques centrales, tant que cela ne déclenche pas d’inflation. On pourrait ainsi se donner le temps de résorber tranquillement les créances douteuses. L’auteur termine en souhaitant que les victoires électorales du « populisme » ne viennent pas rajouter une couche de complexité dans une situation de toute façon dangereuse.

Il reste que le danger d’une crise existe toujours, mais sans être sûr ! C’est comme cela avec les économistes !

3/ Les inégalités, les « gilets jaunes », et la suppression de l’ENA

a) Inégalités et gilets jaunes

Il est facile d’imputer le « populisme » et la crise des gilets jaunes aux inégalités qui ont en effet tendance à augmenter en France aujourd’hui, quoique de façon plutôt modérée (après avoir diminué à l’époque des 30 glorieuses). Et il est tout aussi facile d’imputer cet accroissement des inégalités au « libéralisme » ambiant. Cependant, des questions demeurent, car des inégalités bien plus fortes existaient autrefois sans poser de problème majeur, cependant que le libéralisme lui-même fait l’objet de nombreuses corrections.

Un extrait proposé par J.C. Angoulvant tente d’apporter quelques éléments de réponse à cette question. Il s’agit d’un livre de François Dubet, paru aux éditions du seuil en 2019, intitulé Le temps des passions tristes, inégalités et populisme. La thèse centrale est que si les inégalités sont depuis longtemps ce qu’elles sont (avec des hauts et des bas), c’est leur perception qui a changé, et donne lieu à des manifestations parfois surprenantes de haine et de colère « On glisse progressivement des inégalités de positions sociales (ouvrier, bourgeois, classe moyenne, etc.) au soupçon de l’inégalité des individus ». C’est pourquoi « le respect est l’exigence morale la plus fortement revendiquée aujourd’hui - non pas le respect dû au rang, mais le respect dû à l’égalité ». Dès lors, les partis « populistes » ont beau jeu d’opposer le peuple aux élites, le Français à l’étranger, etc. le rejet des autres et l’indignation restituant sa dignité au citoyen malheureux.

JCA, auteur de l’extrait rajoute à cette analyse une touche personnelle (plus complémentaire que critique) : l’émancipation libertaire qui a cours depuis Mai 68 a détruit les structures sociales de base, et développé un individualisme finalement dévastateur. C’est ce qu’il appelle le « bug de l’universalisme »

b) Des Gilets jaunes à la suppression de l’ENA

La suppression de l’ENA était l’une des revendications des Gilets jaunes. Comme l’ont fait remarquer plusieurs membres de Contrat Social, il s’agit évidemment là d’une revendication symbolique, nourrie de la vulgarisation des analyses de Pierre Bourdieu, et qui visait l’ensemble des « fabriques d’élites », qu’il s’agisse de l’ENA, des grandes écoles en général, et même des universités. Elle traduit évidemment la perception des inégalités dans l’accès aux postes de direction, mais en même temps (et peut-être même encore plus !) une insatisfaction devant la médiocrité de la gouvernance en général.

Comment améliorer les choses ? Jacques Lefèvre remarque que changer le nom ou la localisation de l’école n’apportera rien. Il propose quelques mesures de bon sens (en particulier, diminuer le nombre de classements redondants pour que les élèves se concentrent sur leur métier !). Elles seront utiles, mais sans doute pas à la hauteur du problème. Celui-ci se situe plutôt au niveau de l’éducation de base, qui pourra à la fois remédier au « biais social » (qui fait que les enfants des familles riches ont plus de chances d’intégrer les « bons » établissements que les autres) et surtout, instiller un minimum d’esprit scientifique aux jeunes Français (l’esprit scientifique n’est pas une affaire de mémoire ni même de culture - il n’est pas question que tous les français soient des experts en physique nucléaire -. C’est une affaire d’humilité devant les faits et d’attitude critique vis-à-vis des rumeurs non vérifiées. Hélas, actuellement, non seulement l’éducation de base (trop souvent un endoctrinement de bas niveau ) mais encore les réseaux informatiques sont loin de favoriser cette attitude. C’est justement ce que montre le « syndrome du poisson rouge ».

c) Le syndrome du poisson rouge

C’est le sujet d’un verbatim de François Cornevin, à propos du livre de Bruno Patino : La civilisation du poisson rouge, petit traité sur le marché de l’attention.

Le point de départ est qu’il n’est pas possible de retenir l’attention d’un poisson rouge plus de 5 secondes, comme le montrent de nombreux travaux de biologistes. Or quand on s’intéresse à la capacité d’attention de l’utilisateur moyen de Google ou de Facebook, on se rend compte de ce que celui-ci ne peut guère se fixer sur une idée beaucoup plus que 9 secondes. Au-delà, son cerveau, notre cerveau, décroche. Il lui faut un nouveau stimulus, une nouvelle alerte, une autre recommandation - c’est à peine plus long que pour le poisson rouge !

Une telle situation est due à de multiples causes, mais ses conséquences sont très perverses, en ruinant les fondements de la démocratie. Car le phénomène est exploité par tous les manipulateurs d’opinion : les publicitaires, évidemment, d’abord, mais plus encore des gens mal intentionnés. L’auteur propose une série de remèdes, trop longue pour être rapportée ici, comme, par exemple, de donner à l’école des cours sur la bonne utilisation des réseaux sociaux.

Il ne fait pas de doute que le sujet est important. On pourra quand même observer que Google n’existait pas à Athènes au 4e siècle avant notre ère, lorsque l’assemblée du peuple s’acharnait à prendre des décisions systématiquement contraires à celles qui auraient pu assurer le triomphe de la citée contre l’ennemi spartiate...

4/ Regard sur le programme du « club des vigilants »

Il paraît important de mentionner ici les sujets envisagés par l’association sœur de Contrat Social, le « club des vigilants » .

Le sommaire du dernier numéro de la lettre des vigilants est assez fascinant pour un membre de Contrat Social, avec des articles sur l’immigration, les gilets jaunes (et le pouvoir incontrôlé de la foule ), l’histoire du génocide au Rwanda, le suicide assisté, la différence entre la « pensée magique » et la « pensée scientifique » et bien d’autres... Son seul inconvénient est d’être un peu trop long (plus de 40 pages !) pour que ces sujets soient discutés dans cette chronique...

III- Les discussions internes à CS

Après la fin des échanges sur la question des retraites, peu d’échanges ont eu lieu entre les membres de Contrat Social ce trimestre. C’est pourquoi la présente lettre se trouve sensiblement plus courte que d’ordinaire.

On rappellera cependant les « déjeuners » toujours aussi intéressants :

- Philippe Desfossé , le 24 janvier, qui clôt le cycle de réflexions sur les retraites en renvoyant dos à dos les tenants de la « répartition » et ceux de la « capitalisation ».
-J.C. Hazera le 21 mars, qui s’interroge sur les raisons pour lesquelles se détruisent les démocraties
-Christian Gérondeau, le 3 avril, sur la réalité de la « pollution » (et, plus généralement, sur les prétextes « écologiques » pour imposer des règlements impopulaires)
-Odon Valet, le 14 mai , sur l’éducation en Afrique - sujet évidemment majeur pour l’avenir de ce continent !

Les comptes rendus se trouvent sur le site internet de Contrat Social. Ce site lui-même fait l’objet de transformations qui ne sont pas achevées. Il doit devenir un véritable outil de communication entre les membres, et, pour cela, il nous faut de nombreuses « contributions directes » ainsi que des extraits, et des verbatims. À vos plumes !
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